# Diversification alimentaire à 7 mois : guide complet pour bien nourrir bébé
La diversification alimentaire représente une étape fondamentale dans le développement nutritionnel de votre enfant. À 7 mois, votre bébé se trouve dans une période charnière où son système digestif continue de maturer, ses besoins nutritionnels évoluent rapidement, et sa curiosité pour les saveurs s’intensifie. Cette phase nécessite une approche méthodique et éclairée pour garantir un apport optimal en nutriments essentiels tout en respectant le rythme physiologique de votre nourrisson. Les choix alimentaires effectués durant cette période influenceront durablement ses habitudes gustatives et sa relation future avec la nourriture.
Contrairement aux idées reçues, la diversification à 7 mois ne se limite pas à augmenter les quantités : elle implique une sophistication progressive des textures, une diversification stratégique des sources protéiques, et une attention particulière à l’introduction des allergènes majeurs. Les dernières recommandations nutritionnelles, issues des protocoles internationaux et des études longitudinales récentes, ont considérablement fait évoluer les pratiques en matière d’alimentation infantile. Comprendre ces nouvelles approches vous permettra d’accompagner votre enfant vers une autonomie alimentaire sereine.
Calendrier de diversification alimentaire selon les recommandations de l’OMS et du PNNS
Les autorités sanitaires internationales, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé et le Programme National Nutrition Santé français, ont établi un cadre précis pour structurer la diversification alimentaire. Ces recommandations s’appuient sur des décennies de recherches épidémiologiques et cliniques qui ont permis d’identifier les périodes critiques du développement digestif et immunitaire. Le respect de ces directives minimise les risques allergiques, favorise une croissance harmonieuse et prévient les carences nutritionnelles fréquemment observées lors d’une diversification mal conduite.
Fenêtre optimale d’introduction des aliments entre 4 et 6 mois révolus
La période comprise entre le début du cinquième mois et la fin du sixième mois constitue ce que les spécialistes nomment la « fenêtre de tolérance immunitaire ». Durant cette phase, le système immunitaire intestinal de votre bébé présente une plasticité maximale qui facilite l’acceptation de nouveaux antigènes alimentaires. Introduire les aliments avant 4 mois révolus expose à un risque accru d’infections gastro-intestinales et d’allergies, tandis qu’une introduction trop tardive, au-delà de 6 mois, peut paradoxalement augmenter la sensibilisation allergique et limiter l’acceptation ultérieure de certaines saveurs.
À 7 mois, votre enfant devrait déjà avoir expérimenté une variété substantielle d’aliments de base. Si la diversification a débuté vers 5 mois, il aura eu plusieurs semaines pour découvrir les principaux légumes (carottes, courgettes, haricots verts, patates douces), les fruits (pommes, poires, bananes), et commencer l’introduction des protéines animales. Cette période de familiarisation progressive permet d’identifier précocement d’éventuelles intolérances ou réactions adverses, tout en construisant un répertoire gustatif solide. Les études démontrent qu’une exposition précoce et régulière à une large palette de saveurs corrèle significativement avec une meilleure acceptation alimentaire à l’adolescence.
Progression des textures : purées lisses versus aliments en morceaux fondants
L’évolution texturale représente un aspect crucial souvent sous-estimé de la diversification. À 7 mois, la majorité des nourrissons possèdent les compétences
L’évolution texturale représente un aspect crucial souvent sous-estimé de la diversification. À 7 mois, la majorité des nourrissons possèdent les compétences motrices orales nécessaires pour gérer des purées épaisses, légèrement grumeleuses, voire des morceaux fondants bien calibrés. Rester trop longtemps sur des textures ultra-lisses au-delà de 8–9 mois peut rendre plus difficile l’acceptation des morceaux par la suite et augmenter le risque de sélectivité alimentaire. À l’inverse, proposer des morceaux trop durs ou trop précoces expose à un risque accru de fausse route : l’enjeu est donc de progresser, mais de façon structurée.
Concrètement, entre 6 et 7 mois, vous pouvez passer d’une purée parfaitement lisse à une purée simplement bien écrasée à la fourchette. Une stratégie souvent efficace consiste à mélanger, dans un même repas, 2/3 de purée lisse avec 1/3 de purée plus épaisse, puis d’ajuster progressivement ce ratio jusqu’à obtenir une texture entièrement grumeleuse. Parallèlement, certains bébés sont prêts à manipuler des « finger foods » très fondants (morceaux de patate douce très cuite, bâtonnets de courgette pelée, quartiers de banane bien mûre) qu’ils portent eux-mêmes à la bouche. Ces manipulations favorisent la coordination main-bouche, la mastication et la proprioception orale, autant de compétences essentielles pour la suite.
Rythme d’introduction des nouveaux aliments : règle des 3 jours consécutifs
Historiquement, la « règle des 3 jours » consistait à proposer le même nouvel aliment plusieurs jours de suite pour surveiller l’apparition d’éventuelles réactions allergiques. Les recommandations récentes du PNNS et de l’ANSES sont plus souples : il n’est plus nécessaire, pour un enfant sans terrain allergique particulier, de limiter la diversification à un seul aliment pendant plusieurs jours. Néanmoins, à 7 mois, un rythme structuré d’introduction reste pertinent pour observer les réactions de votre bébé et repérer ce qu’il aime ou tolère moins bien.
En pratique, vous pouvez introduire 1 à 2 nouveaux aliments par jour, à condition de rester attentif aux signes d’intolérance (éruptions cutanées, vomissements, diarrhées, pleurs importants inhabituels après le repas). Proposer un nouvel aliment sur 2 à 3 repas consécutifs (par exemple midi, puis midi + soir) permet de confirmer la bonne tolérance et d’ancrer ce goût dans la mémoire sensorielle de votre enfant. Pensez également à varier l’environnement gustatif : un légume apprécié en purée simple pourra être reproposé quelques jours plus tard avec une herbe aromatique douce (basilic, persil, ciboulette) ou associé à un féculent.
Chez les nourrissons à risque allergique élevé (antécédents familiaux d’allergie, eczéma sévère), un rythme plus prudent peut être envisagé, après avis du pédiatre ou de l’allergologue. Dans ce cas, la surveillance rapprochée sur 48 à 72 heures par nouvel aliment reste d’actualité, en particulier pour les allergènes majeurs. Gardez à l’esprit que la diversité prime sur la quantité : à 7 mois, multiplier les aliments testés, même en petites portions, est plus intéressant à long terme que de viser des volumes importants sur un éventail restreint de produits.
Quantités nutritionnelles adaptées à 7 mois : grammes de protéines et portions végétales
À 7 mois, les besoins nutritionnels de votre bébé évoluent, mais le lait (maternel ou de suite) reste l’aliment de base. On recommande en général un apport de 500 à 800 ml de lait par jour, répartis entre 3 et 4 prises. Les aliments solides viennent compléter ces apports et non les remplacer. Sur le plan protéique, la référence communément admise est de 10 g d’aliments protéiques animaux par jour : soit l’équivalent de 2 cuillères à café rases de viande ou de poisson bien mixés, ou ¼ d’œuf dur. Au-delà, on risque de surcharger les reins immatures du nourrisson sans bénéfice démontré sur la croissance.
Pour les légumes et les féculents, un repas complet à midi représente en moyenne 180 à 200 g de préparation. La répartition recommandée est de 2/3 de légumes pour 1/3 de féculents (pomme de terre, patate douce, semoule fine, riz bien cuit…). Cette combinaison assure à la fois un apport correct en fibres, vitamines et minéraux, et une densité énergétique suffisante pour couvrir les besoins de votre bébé actif. Au goûter, une portion de 100 g de fruit cuit (type compote sans sucre ajouté) est généralement adaptée, à compléter ou non par une prise lactée selon l’appétit global sur la journée.
Ces repères restent des moyennes indicatives. Certains enfants se rassasient avec 150 g de purée, d’autres vont spontanément jusqu’à 220 g sans inconfort digestif. L’essentiel est d’observer la courbe de croissance, la tonicité et le comportement global : un bébé dynamique, qui mouille bien ses couches et suit sa courbe pondérale, mange généralement ce dont il a besoin, même si les quantités varient d’un jour à l’autre.
Protéines animales et végétales dans l’alimentation du nourrisson de 7 mois
Les protéines occupent une place centrale dans la diversification alimentaire à 7 mois, car elles participent à la construction des tissus musculaires, au développement cérébral et au bon fonctionnement du système immunitaire. Toutefois, chez le nourrisson, plus n’est pas synonyme de mieux : un excès de protéines animales a été associé, dans plusieurs études, à un risque accru de surpoids ultérieur. C’est pourquoi les recommandations françaises insistent sur des quantités limitées mais quotidiennes, et sur la complémentarité entre protéines animales et végétales.
Viandes maigres : poulet, dinde et veau sans matière grasse ajoutée
Les viandes maigres comme le poulet, la dinde et le veau sont particulièrement adaptées à l’alimentation d’un bébé de 7 mois. Leur texture, une fois bien cuite et mixée, est facile à homogénéiser dans les purées de légumes, et leur teneur en lipides reste modérée. Privilégiez des morceaux sans peau ni gras visible, tels que le blanc de poulet, l’escalope de dinde ou le quasi de veau, et faites-les cuire à cœur (vapeur douce, mijotage ou four) sans ajout de sel ni de sauce industrielle.
La portion quotidienne recommandée reste de 10 g de viande cuite, soit l’équivalent d’un cube d’environ 2 cm de côté, finement mixé dans la purée. Il est inutile – et même déconseillé – de dépasser cette quantité à cet âge. Varier les viandes au fil des semaines permet de couvrir un spectre plus large d’acides aminés, de fer héminique et de vitamines du groupe B. Pour limiter l’exposition aux résidus médicamenteux et améliorer la qualité nutritionnelle, choisissez autant que possible des viandes issues de filières de qualité (label, bio, fermier).
Poissons blancs et gras : colin, cabillaud, saumon et leurs apports en oméga-3
Introduire le poisson dès 6–7 mois présente un double intérêt : diversifier les sources protéiques et apporter des acides gras oméga-3 à longue chaîne (DHA, EPA), essentiels au développement cérébral et visuel. On distingue les poissons blancs (colin, cabillaud, merlu, lieu) des poissons gras (saumon, maquereau, sardine), plus riches en lipides protecteurs. Les deux familles ont leur place dans l’alimentation du nourrisson, à raison de 1 à 2 fois par semaine chacune, en alternance avec la viande.
Comme pour la viande, la portion reste de 10 g par jour quand c’est un jour « poisson ». Veillez à bien retirer toutes les arêtes et à opter pour des cuissons douces (vapeur, court-bouillon) pour conserver la tendreté de la chair. Les poissons gras sauvages de petite taille (sardine, maquereau) sont intéressants sur le plan nutritionnel, mais en pratique, à 7 mois, le saumon reste souvent le plus simple à introduire pour des raisons de texture. Là encore, la qualité est importante : limiter les espèces à forte accumulation de polluants (espadon, thon rouge) et favoriser des origines contrôlées.
Œuf de poule : introduction du jaune puis du blanc selon le protocole allergologique
L’œuf est longtemps resté un aliment retardé par crainte d’allergies. Les données issues des protocoles LEAP et EAT ont profondément modifié cette approche : une introduction précoce, en petites quantités, réduirait au contraire le risque d’allergie à l’œuf chez les enfants à risque. À 7 mois, vous pouvez donc proposer l’œuf bien cuit, en respectant quelques précautions. La plupart des sociétés savantes ne recommandent plus de dissocier strictement jaune et blanc ; toutefois, dans les familles très anxieuses ou à haut risque allergique, certains pédiatres proposent encore de débuter par le jaune seul.
Sur le plan pratique, commencez par ¼ d’œuf dur bien écrasé dans la purée (jaune + blanc, cuits au moins 9 minutes), une à deux fois par semaine. Surveillez les réactions dans les heures qui suivent (urticaire, vomissements, gonflement des lèvres ou du visage) et augmentez très progressivement la fréquence si tout se passe bien. L’œuf brouillé très bien cuit et finement émietté peut également être utilisé, mais on évitera les préparations type omelette baveuse ou œuf à la coque avant 12 mois, pour des raisons de sécurité microbiologique.
Légumineuses mixées : lentilles corail et pois cassés comme sources protéiques alternatives
Les légumineuses (lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots secs) constituent une excellente source de protéines végétales, de fibres et de minéraux (fer, magnésium). Longtemps mises de côté dans les toutes premières étapes de la diversification par crainte de ballonnements, elles trouvent facilement leur place *dès 7 mois* si elles sont bien préparées. Les lentilles corail, dépourvues de tégument, sont particulièrement digestes : cuites longuement dans une grande quantité d’eau puis mixées finement avec des légumes, elles sont bien acceptées par la plupart des nourrissons.
Vous pouvez commencer par ajouter 1 à 2 cuillères à café de purée de lentilles corail ou de pois cassés dans la purée de midi, une à deux fois par semaine, en alternance avec la viande ou le poisson (et non en plus). Leur apport en protéines vient compléter celui des céréales et permet, à terme, d’instaurer sans difficulté certains repas végétariens bien construits. Comme pour les autres nouveautés, surveillez la tolérance digestive : si vous observez des gaz très douloureux ou des diarrhées, diminuez la quantité et réessayez quelques jours plus tard.
Légumes et fruits de saison pour la diversification à 7 mois
Les légumes et les fruits constituent le socle de la diversification alimentaire à 7 mois. Leur diversité en couleurs, textures et arômes stimule les sens de votre bébé tout en couvrant une large part de ses besoins en vitamines, minéraux et antioxydants. On peut les comparer à une palette de peintre : plus les nuances proposées sont nombreuses, plus la « toile gustative » de votre enfant sera riche et nuancée à long terme. L’idéal est de suivre au maximum la saisonnalité et de privilégier des produits d’origine connue, frais ou surgelés nature.
Légumes à faible teneur en fibres : courgette, carotte, patate douce et butternut
À 7 mois, le tube digestif de votre bébé gère déjà mieux les fibres qu’aux tout premiers jours de diversification, mais certains légumes restent plus faciles à digérer que d’autres. La courgette épluchée et épépinée, la carotte, la patate douce et la courge butternut sont particulièrement intéressantes : leur teneur en fibres insolubles est modérée, leur chair devient très fondante après cuisson, et leur saveur douce est généralement très appréciée.
Vous pouvez les proposer en purée simple ou en association (courgette–carotte, butternut–pomme de terre, patate douce–poireau blanc) en respectant le ratio 2/3 légumes, 1/3 féculents. Une cuisson vapeur prolongée ou à l’étouffée permet de préserver une bonne partie des micronutriments tout en garantissant une texture parfaitement mixable. Ces légumes constituent une excellente base pour y incorporer, ensuite, une petite portion de protéines et un filet d’huile riche en acides gras essentiels.
Introduction progressive des crucifères : brocoli et chou-fleur en purée
Les crucifères (brocoli, chou-fleur, chou romanesco) sont extrêmement riches en composés protecteurs (vitamine C, folates, sulforaphane), mais leur profil fibreux et leurs composés soufrés peuvent les rendre plus difficiles à tolérer chez certains bébés. À 7 mois, il est tout à fait possible de débuter leur introduction, à condition de respecter quelques règles simples : cuisson prolongée pour attendrir les fibres, mixage très fin, et quantités modestes au départ.
Commencez par mélanger une petite quantité de brocoli ou de chou-fleur (par exemple 1/3 de la portion de légumes) avec un légume plus doux et bien accepté, comme la carotte ou la courgette. Observez la tolérance digestive et le plaisir gustatif : quelques gaz sont possibles mais ne doivent pas être douloureux ni s’accompagner de diarrhées importantes. Si votre bébé grimace ou refuse, ne tirez pas de conclusion hâtive : reproposez le même légume 8 à 10 fois, sous des formes légèrement différentes (avec ou sans féculent, associé à une autre saveur), avant de conclure qu’il ne l’aime « pas ». La persévérance, sans forcer, est le meilleur allié contre la néophobie.
Fruits cuits hypoallergéniques : pomme, poire et banane écrasée
Du côté des fruits, la pomme, la poire et la banane mûre constituent des options dites « hypoallergéniques » et généralement très bien tolérées. Cuites et mixées en compote sans sucre ajouté, pomme et poire apportent des fibres solubles (pectines) qui participent à la régulation du transit : la poire et la pomme cuite avec la peau (retirée ensuite) tendent à favoriser un transit paresseux, tandis que la pomme crue râpée peut aider à normaliser un transit un peu trop rapide.
La banane, bien mûre (peau tigrée), peut être simplement écrasée à la fourchette et proposée telle quelle ou mélangée à un laitage adapté à l’âge. Sa texture naturellement onctueuse est idéale pour initier votre bébé à des préparations moins lisses, tout en lui apportant du potassium et une énergie facilement assimilable. Alterner fruits crus très mûrs (écrasés finement) et fruits cuits permet de travailler progressivement la mastication et la tolérance digestive.
Éviction temporaire des aliments nitratés : épinards, betterave et céleri avant 12 mois
Certaines familles de légumes, bien que riches sur le plan nutritionnel, présentent des teneurs élevées en nitrates : épinards, betterave, céleri-rave, côte de blette, laitue. Chez le nourrisson, l’immaturité de certains systèmes enzymatiques fait craindre, en cas de consommation excessive, un risque théorique de méthémoglobinémie (diminution de la capacité du sang à transporter l’oxygène). Pour cette raison, les autorités de santé recommandent la prudence avec ces aliments avant 12 mois.
Concrètement, cela ne signifie pas une interdiction absolue, mais une limitation de la fréquence et des quantités. Si vous souhaitez introduire un peu d’épinards ou de betterave dès 9–10 mois, faites-le en petite quantité, dans des purées mélangées, et en évitant de proposer ces légumes plusieurs jours d’affilée. À 7 mois, il est généralement plus simple de concentrer l’essentiel des découvertes sur des légumes moins nitratés, puis de garder ces variétés pour la suite de la diversification, lorsque le système enzymatique de votre enfant sera plus mature.
Gestion des allergènes prioritaires selon le protocole LEAP et EAT
Les études LEAP (Learning Early About Peanut Allergy) et EAT (Enquiring About Tolerance) ont profondément transformé notre compréhension de la prévention des allergies alimentaires. Leur message principal ? Pour les nourrissons, y compris ceux à risque, l’introduction précoce et encadrée des allergènes majeurs (arachide, œuf, lait, blé…) réduit le risque de développer une allergie, par rapport à une éviction prolongée. À 7 mois, votre bébé se situe donc dans une période idéale pour introduire ou consolider l’exposition à ces aliments, sous des formes sécurisées.
Introduction précoce de l’arachide sous forme de purée diluée
L’arachide (cacahuète) est l’un des principaux allergènes responsables de réactions sévères. Les données de l’essai LEAP montrent pourtant qu’une introduction dès 4–11 mois, chez des enfants à haut risque, divise par 3 à 5 le risque d’allergie à l’arachide à l’âge scolaire. La clé réside dans la forme et la quantité proposées : jamais de cacahuètes entières ou de morceaux, toujours sous forme de poudre fine ou de purée lisse, bien diluée.
À 7 mois, vous pouvez, après accord de votre pédiatre, ajouter ½ cuillère à café de purée de cacahuète 100 % (sans sucre ni sel) dans une compote ou une purée de légumes bien connue de votre enfant. La texture finale doit rester lisse et non collante pour limiter le risque de fausse route. Si aucune réaction n’apparaît (cutanée, digestive, respiratoire), vous pouvez répéter l’exposition 1 à 2 fois par semaine, en augmentant très progressivement la quantité jusqu’à 1 cuillère à café. L’objectif n’est pas de transformer ce produit en aliment du quotidien, mais de maintenir un contact régulier avec le système immunitaire.
Produits laitiers : yaourt nature entier et fromage blanc sans sucre ajouté
Le lait maternel ou infantile reste la référence jusqu’à 1 an, mais les produits laitiers fermentés (yaourt, fromage blanc) peuvent être introduits dès 6–7 mois, principalement pour diversifier les textures et participer à l’exposition à la protéine de lait de vache. Choisissez toujours des produits nature au lait entier, sans sucre ajouté ni arôme artificiel. Les préparations « spécial bébé » respectent des critères réglementaires stricts, mais un yaourt nature classique au lait entier peut également convenir, en petite quantité.
Une portion adaptée pour un bébé de 7 mois correspond à environ 60 à 80 g (soit la moitié d’un yaourt standard ou un petit suisse). Ce laitage vient en complément, et non en remplacement, du lait principal de la journée. On évitera de proposer un yaourt en dessert d’un repas qui contient déjà une portion de viande, de poisson ou d’œuf, afin de ne pas surcharger l’apport global en protéines. Dans ce cas, on privilégiera plutôt un fruit.
Gluten via les céréales infantiles : blé, orge et seigle en petites quantités
Le gluten, longtemps redouté, n’a plus vocation à être introduit tardivement. Les recommandations actuelles préconisent une introduction entre 4 et 12 mois, idéalement pendant que l’enfant reçoit encore du lait maternel ou infantile, ce qui semble moduler favorablement la réponse immunitaire. À 7 mois, il est donc tout à fait pertinent de proposer des petites quantités de gluten, principalement via les céréales infantiles contenant du blé, de l’orge ou du seigle, ou via de petites pâtes bien cuites intégrées aux purées.
Vous pouvez commencer par ajouter 1 à 2 cuillères à café de céréales infantiles contenant du gluten dans le biberon du matin ou du soir, en veillant à choisir des références sans sucres ajoutés. Autre option : intégrer une petite cuillère de semoule de blé très cuite ou de pâtes alphabet dans la purée de midi. Comme pour les autres allergènes, l’important est la régularité de l’exposition plutôt qu’une quantité importante en une seule prise. En cas de terrain familial de maladie cœliaque ou de symptômes digestifs atypiques (diarrhées chroniques, cassure de la courbe de poids), un avis spécialisé est indispensable.
Matières grasses essentielles et hydratation du bébé de 7 mois
Les lipides jouent un rôle clé dans l’alimentation du nourrisson : ils fournissent une énergie dense, participent à la construction des membranes cellulaires, et certains acides gras sont indispensables au développement cérébral et visuel. Entre 0 et 3 ans, on estime que 40 à 50 % de l’apport énergétique total devrait provenir des matières grasses, soit bien plus que chez l’adulte. De la même manière, l’hydratation reste principalement assurée par le lait, mais l’eau commence à trouver sa place, surtout avec l’augmentation des apports solides.
Huiles végétales riches en acides gras essentiels : colza, noix et olive
Les huiles végétales sont les plus adaptées pour couvrir les besoins en acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6). À 7 mois, il est recommandé d’ajouter 1 à 2 cuillères à café d’huile crue dans chaque purée de légumes, même si votre bébé n’en mange que quelques cuillères. L’huile de colza est particulièrement intéressante pour son profil en oméga-3 (ALA), tandis que l’huile de noix vient compléter cet apport. L’huile d’olive, riche en acide oléique, contribue à la stabilité des préparations et apporte une note gustative appréciée.
L’idéal est d’alterner les huiles ou d’utiliser un mélange d’huiles adapté à l’alimentation infantile, en veillant à toujours les ajouter après cuisson, au moment du service, pour préserver au mieux les acides gras les plus fragiles. On évitera les huiles riches en oméga-6 uniquement (tournesol, pépins de raisin) en usage exclusif, afin de ne pas déséquilibrer le ratio oméga-6/oméga-3. Contrairement à une idée reçue, ces quantités ne « graissent » pas excessivement l’alimentation : elles répondent à de vrais besoins de croissance.
Beurre cru ou pasteurisé : dosage et moment d’incorporation dans les purées
Le beurre, issu du lait de vache, apporte des acides gras saturés mais aussi de la vitamine A, importante pour la vision et l’intégrité des muqueuses. Il peut être introduit dès 7 mois, en alternance avec les huiles végétales, à raison d’une petite noisette (environ 5 g) ajoutée dans une purée chaude juste avant de servir. On privilégiera le beurre pasteurisé ou le beurre cru de très bonne qualité, en veillant à respecter la chaîne du froid.
Le beurre ne doit pas se substituer entièrement aux huiles, mais venir les compléter occasionnellement pour diversifier les sources lipidiques et les goûts. Évitez en revanche les margarines standard et les corps gras de type « spécial tartine » destinés aux adultes, dont le profil en acides gras et les additifs ne sont pas adaptés à l’alimentation du nourrisson.
Apports hydriques : eau faiblement minéralisée et maintien de l’allaitement ou lait infantile 2ème âge
À 7 mois, l’hydratation de votre bébé repose toujours majoritairement sur le lait : sein ou biberon lui apportent non seulement de l’eau, mais aussi sels minéraux et nutriments indispensables. Comme évoqué plus haut, une consommation quotidienne de 500 à 800 ml de lait maternel ou de formule 2ème âge est recommandée. En complément, il est pertinent de proposer de petites quantités d’eau faiblement minéralisée (étiquetée « convient à la préparation des aliments pour nourrissons ») au verre ou à la tasse, au cours des repas solides ou entre ceux-ci, surtout par temps chaud.
Inutile toutefois de viser un volume précis d’eau : laissez votre enfant guider sa prise, sans le forcer. L’objectif à cet âge est autant de répondre aux besoins hydriques que de lui apprendre à boire autrement que par succion. On évitera les jus de fruits, même dilués, qui n’apportent qu’un supplément de sucres libres sans bénéfice nutritionnel. Si vous allaitez, il n’est pas nécessaire d’introduire une formule 2ème âge : le lait maternel reste parfaitement adapté, à condition que la diversification soit bien conduite.
Signes de satiété, refus alimentaire et prévention de la néophobie alimentaire
Apprendre à nourrir un bébé, ce n’est pas seulement choisir les bons aliments : c’est aussi respecter ses signaux internes et instaurer une relation sereine à la nourriture. Entre 6 et 9 mois, les nourrissons disposent d’une capacité très fine d’autorégulation de leurs apports : ils ajustent spontanément leurs prises en fonction de leurs besoins énergétiques. Forcer, distraire de manière excessive ou mettre une pression importante autour des repas peut altérer cette régulation naturelle et favoriser, à terme, des troubles alimentaires ou une néophobie marquée.
Reconnaissance des signaux de faim et de rassasiement chez le nourrisson
À 7 mois, votre bébé exprime déjà clairement ses signaux de faim : agitation à l’approche de l’heure habituelle du repas, ouverture de la bouche à la vue de la cuillère, mains tendues vers le bol, vocalises insistantes. De la même manière, il manifeste sa satiété par des signes tout aussi visibles : il tourne la tête, ferme la bouche, repousse la cuillère ou le biberon, se détourne de la chaise, devient soudain très intéressé par autre chose.
Votre rôle consiste à proposer une alimentation adaptée, et à laisser votre enfant disposer de ce qui lui convient. Si, après quelques signaux clairs de satiété, vous continuez de proposer des cuillères « pour finir le pot », le message envoyé brouille sa perception interne. À l’inverse, si votre bébé réclame un peu plus que la quantité « théorique » du tableau, et que cela reste raisonnable et bien toléré, il est tout à fait possible de le resservir. Faites confiance à sa capacité innée d’ajuster ses apports : elle est souvent plus fiable que nos calculs d’adultes.
DME ou diversification menée par l’enfant : principes et sécurité à 7 mois
La diversification menée par l’enfant (DME) propose une approche alternative où le bébé, dès 6–7 mois, se nourrit principalement de morceaux fondants qu’il porte lui-même à la bouche, plutôt que de purées à la cuillère. Cette méthode repose sur l’idée que l’enfant explore à son rythme, développe précocement sa motricité fine et sa mastication, et apprend très tôt à écouter ses signaux de faim et de satiété. À 7 mois, certains nourrissons remplissent déjà les prérequis de sécurité : tenir assis sans aide, bonne stabilité de la tête, capacité à porter des objets à la bouche et réflexe nauséeux bien fonctionnel.
Si vous souhaitez intégrer de la DME, même partiellement, la sécurité doit rester votre priorité. Proposez toujours des aliments très fondants, de taille suffisante pour être aisément saisissables (bâtonnets de 5–6 cm de long), et jamais d’aliments à haut risque d’étouffement (fruits à coque entiers, morceaux de carotte crue, rondelles de saucisse, grains de maïs non écrasés). Installez votre bébé assis, le dos bien droit, à table avec vous, et restez à portée immédiate en évitant les distractions majeures. Une approche mixte, combinant purées à la cuillère et morceaux adaptés, est souvent un bon compromis pour de nombreuses familles.
Exposition répétée aux saveurs : stratégie des 8 à 15 présentations par aliment
La néophobie alimentaire, c’est-à-dire la peur ou le rejet des aliments nouveaux, apparaît classiquement entre 18 mois et 3 ans. Toutefois, sa sévérité semble fortement influencée par la richesse des expériences sensorielles vécues dans la première année de vie. On estime qu’il faut 8 à 15 expositions à un même aliment pour qu’un bébé l’accepte pleinement : refuser la carotte ou le brocoli 3 fois de suite ne signifie donc pas qu’il « n’aime pas ça ». C’est un peu comme la découverte d’un nouveau lieu chez l’adulte : la première visite est hésitante, les suivantes deviennent progressivement familières.
Votre stratégie la plus efficace consistera à reproposer régulièrement les aliments boudés, sans pression ni chantage, dans des contextes variés : seul, mélangé, avec une pointe d’herbe aromatique, sous une forme de finger food ou en purée. Évitez de qualifier votre enfant de « difficile » devant lui, ou de cataloguer certains aliments comme « pas pour lui ». À cet âge, chaque repas est une opportunité d’apprentissage, et votre attitude bienveillante, répétitive et détendue constitue le meilleur socle pour qu’il développe, à long terme, une relation apaisée et curieuse à l’alimentation.